Projets de recherche et contributions du programme de recherche

Modélisation de l’impact des interventions contre les maladies associées au virus du papillome humain (VPH)

Contexte : Devrions-nous vacciner les filles et les garçons contre le VPH, une infection transmise sexuellement qui cause le cancer du col de l’utérus? Cette question a donné lieu à de grands débats au Canada et dans plusieurs pays développés. Depuis 2007, mon équipe de recherche développe et utilise des modèles mathématiques afin de prédire l’efficacité populationnelle et le ratio coût-efficacité des programmes de vaccination anti-VPH.  Les résultats de nos recherches sont ensuite utilisés pour la prise de décisions en santé publique. Nous avons été les premiers à publier des résultats d’un modèle mathématique qui examinait les impacts épidémiologiques et économiques de la vaccination anti-VPH au Canada. De plus, nous avons développé et calibré le premier modèle dynamique et individuel de transmission des VPH (HPV-ADVISE). Les résultats clés, publiés dans le American Journal of Epidemiology, Canadian Medical Association Journal, le Journal of Infectious Diseases, Vaccine et Sexually Transmitted Infection suggèrent que : 1) l’on devra vacciner 324 filles contre le VPH pour prévenir 1 cas de cancer du col de l’utérus, en supposant que la vaccination confère une protection à vie, 2) vacciner les filles contre le VPH serait vraisemblablement une stratégie coût-efficace, 3) à moins que le dépistage ne soit modifié, les économies en coûts de traitement réalisées grâce à la vaccination seront négligeables en comparaison avec le coût de l’immunisation, 4) l’efficacité populationnelle du vaccin sera probablement plus importante pour les VPH de types 6/11/18 que pour le VPH de type 16, le type causant le plus grand fardeau, et 5) en raison de l’importante immunité de groupe prédite par nos modèles, l’ajout des garçons aux programmes actuels de vaccination des filles (couverture vaccinale modérée à  élevée) apporterait peu de bénéfices supplémentaires.

Contributions: Le travail réalisé par mon équipe a été considéré dans les recommandations relatives à la vaccination contre le VPH aux niveaux provincial, national et international. De plus, nos résultats ont été présentés à plusieurs organisations gouvernementales (Comité canadien pour l’immunisation (CCI), Comité consultatif national sur l’immunisation (CCNI), Comité sur l'immunisation du Québec (CIQ), Centers for Disease Control and Prevention (CDC)). Ces travaux ont également bénéficié d’une importante couverture médiatique (Internet, télévision, journaux, radio, magazines), ce qui a contribué à informer le public sur l’impact potentiel de la vaccination anti-VPH. Depuis notre première publication sur la modélisation du VPH (2007), nos articles scientifiques sur le sujet ont été cités 250 fois.

Mesure de l’effet de l’exposition à la varicelle sur l’incidence du zona

Contexte : Le virus de la varicelle-zona cause deux maladies différentes : la varicelle (infection primaire) et le zona (réactivation du virus). Dans Brisson et coll., nous avons été les premiers à présenter de solides évidences confirmant l’hypothèse que l’exposition au virus varicelle-zona protège contre le zona.

Contributions: Ces résultats ont eu, et continuent d’avoir, un impact majeur sur la vaccination contre la  varicelle. En réduisant le nombre de cas de varicelle (et conséquemment, les opportunités de contact avec le virus varicelle-zona), l’immunisation de masse contre la varicelle chez les enfants pourrait occasionner une augmentation de l’incidence du zona chez les personnes non-vaccinées. Les résultats de cette étude ont entraîné une réévaluation de la vaccination contre la varicelle en considérant l’impact potentiel sur le zona. Cette étude a également été identifiée comme l’une des 100 meilleures Histoires de la science en 2002 par les éditeurs de la revue « Discover » et a été cité plus de 150 fois.

Modélisation de l’efficacité populationnelle et du ratio coût-efficacité de la vaccination contre la varicelle

Contexte : Dans une série de publications entre 2000 et 2010 nous avons estimé, à partir d’un modèle dynamique, l’efficacité populationnelle et le ratio coût-efficacité de la vaccination de routine des enfants contre la varicelle. Nous sommes les premiers à avoir inclus l’impact de la vaccination contre la varicelle sur l’incidence du zona et à comparer le ratio coût-efficacité d’un programme de vaccination à 1 ou 2 doses.  Nos résultats ont montré que la vaccination contre la varicelle pourrait engendrer des économies pour le système de santé canadien, mais qu’elle produira possiblement une augmentation de l’incidence du zona. Également, même si une seconde dose pourrait améliorer l’efficacité populationnelle du vaccin, le gain supplémentaire qui serait obtenu par une seconde dose demeure incertain en raison du manque de données quant à la durée de la protection du vaccin et ne peut justifier les coûts additionnels.

Contributions : Ces travaux ont été déterminants pour les recommandations relatives à la vaccination contre la varicelle au Canada, aux États-Unis, en Australie et en Europe. De plus, ces travaux ont incité la mise en place de programmes de surveillance du zona aux États-Unis, où l’on vaccine contre la varicelle depuis 1995. Finalement, nos résultats ont été présentés à différentes organisations (Comité canadien pour l’immunisation (CCI), Comité consultatif national sur l’immunisation (CCNI), Comité sur l'immunisation du Québec (CIQ)). Les publications concernant la vaccination contre la varicelle ont été citées 900 fois.

Évaluation de l’impact des choix méthodologiques lors de la modélisation du coût-efficacité des programmes d’immunisation

Contexte : La majorité des évaluations économiques de la vaccination est réalisée à partir de modèles mathématiques qui ne tiennent pas compte de la complexité des maladies infectieuses. Dans une série de présentations et d’articles, nous avons quantifié l’impact d’ignorer l’immunité de groupe, un phénomène propre aux maladies infectieuses, lors de l’évaluation du coût-efficacité de la vaccination.

Contribution : Les résultats ont permis de clarifier certaines fausses idées qui sont véhiculées dans la littérature tout en fournissant les lignes directrices pour l’évaluation économique des programmes d’immunisation. Nos articles méthodologiques ont été cités plus de 160 fois depuis 2003.

Estimation de l’impact psychosocial et de la perte de qualité de vie associés aux Rotavirus, Zona et maladies liées au VPH.

Contexte : Bien que les années-personnes sans invalidité (QALY, en anglais) représentent la mesure de bénéfice de santé la plus fréquemment utilisée dans les analyses de coût-efficacité, très peu de données sont disponibles concernant les années-personnes sans invalidité perdues en raison des différentes maladies infectieuses (rotavirus, zona et névralgie post-herpétique, maladies liées au VPH). De plus, puisque la majorité des estimés disponibles ont été obtenus à partir d’études transversales réalisées chez un petit nombre de sujet, ils sont susceptibles d’être biaisés. Dans une série de présentations et d’articles, nous avons quantifié l’impact psychosocial et les années-personnes sans invalidité perdues en raison des différentes maladies infectieuses.

Contributions : Les résultats de ces études n’ont été publiés que récemment. Toutefois, ils ont déjà été utilisés dans les analyses de coût-efficacité de la vaccination contre le rotavirus, le zona et le VPH au Canada, États-Unis, en Australie, et en Europe.

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